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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/37

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NEKLUDOFF.

Ah ! oui. Oh ! J’ai eu des aventures, Tikon, tu n’imagines pas ! Des duels, même… Tire-moi mes éperons…


TIKON.

Des duels ?


NEKLUDOFF.

Parfaitement, deux… (Tapant sur le portefeuille.) Il y a là-dedans des souvenirs extraordinaires. Dès que j’ai obtenu mon premier grade, j’ai eu des relations dans toute l’aristocratie russe et étrangère… Et des histoires !… Vous êtes à mille lieues, à la campagne, de vous douter de cela… Tiens, ce paquet-là, avec cette faveur, c’est d’une actrice mon cher… une actrice charmante… de l’Alhambra.


TIKON.

Qu’est-ce que c’est que ça, l’Alhambra ?


NEKLUDOFF.

Ce qu’il y a de mieux. Dans toutes les villes qui se respectent, il y a toujours un Alhambra… Qu’est-ce que tu veux, c’est la vie !

(Et il fait un geste en claquant des doigts.)

TIKON.

C’est la vie, Dimitri Ivanowitch. Chacun la sienne. Vous commencez la vôtre… Dieu vous garde !