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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/367

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SOUBRIAN.

S’il te plaît.


RICHARD.

Vous parliez de Lignières ?… Au fait, comment vont les anciens amis ? Je ne les vois plus guère.


SOUBRIAN.

Ça vieillit, ça vieillit, mon vieux… Eh oui ! Chaulin a une grande barbe noire et une situation dans les automobiles… Lignières ? Tu te rappelles un après-dîner, il y a déjà deux ans passés, comme c’est loin déjà ! chez toi, avenue Friedland ?… il nous parlait de sa papetière… eh bien, fini, la papetière ! Elle est partie avec un répétiteur du lycée Condorcet… Pauvre Lignières !…

(La femme de chambre entre et passe une carte à Richard. — Richard contemple la carte un instant sans rien dire.)


Scène II


Les Mêmes, une Femme de Chambre


RICHARD, (à la femme de chambre.)

Cette personne est dans l’antichambre ?


LA FEMME DE CHAMBRE.

Oui, monsieur.


RICHARD.

Attendez… Madeleine. (Madeleine s’approche. Il lui montre la carte.) Regarde.


MADELEINE, (glaciale.)

Parfait. C’était fatal. (Un silence.) Que vas-tu faire ?