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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/322

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IRÈNE, (à Louisa qui entre.)

Ah ! Louisa, est-ce que vous avez mis le manteau de monsieur dans l’auto ? Je vous l’avais recommandé. Il fait un peu froid quelquefois au tournant d’El-Biar, avec le vent de la mer qui monte.


LOUISA.

Non, madame, monsieur m’a attrapée la dernière fois, en me disant qu’un macfarlane ce n’était pas d’ordonnance, et qu’il n’était pas un soldat en sucre.


IRÈNE.

Si, si… voilà où est son erreur. Enfin ! Pourvu qu’il n’attrape pas mal ! (Tout en mangeant, elle regarde la pendule.) Huit heures… Il ne dînera pas. C’est dommage…


LOUISA, (s’approchant de la table.)

Madame s’ennuie à dîner seule ?


IRÈNE.

Oh ! ce n’est pas pour ça. Je lui avais fait faire des sorbets à l’orange qu’il aime tant.


LOUISA.

Madame se trompe ; il ne les aime pas à l’orange. C’est à la violette qu’il les aime… Madame ne se souvient pas ?


IRÈNE.

C’est vrai. Suis-je bête !… Eh bien, alors tant mieux, vous voyez, qu’il ait dîné à Alger ! Il y a