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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/291

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avoir l’air moins cocu. Les de Rieux sont au Continental… tu le savais ? C’est tout ce qu’il y a de neuf, je crois… Oh ! puis, Mélita !… Figure-toi, la grosse Mélita, en costume de bain tonkinois, avec des dentelles couleur orange et un maillot lophophore… elle a l’air d’un pavillon de yacht… Inénarrable, mon cher !… Tous les mineurs se détournent quand ils la voient.

(À ce moment, on entend dans la maison la voix d’Irène qui chante. La voix avance précipitamment. Tous les trois l’écoutent, comme si cette voix était un personnage important.)


Scène III


Les Mêmes, IRÈNE

La porte de droite s’ouvre. Irène entre, la chanson sur les lèvres, joyeuse, les yeux brillants. Elle a un petit tablier blanc brodé par-dessus sa robe.


IRÈNE, (de la porte, en riant.)

Je ne me trompais pas. J’avais entendu votre voix… et votre pas sur le sable… Bonjour, Geo… Vous ne savez pas ce que je fais ?… Et d’abord, ne suis-je pas gentille, hein, avec ce tablier de poupée ?


GEORGET.

Vous avez l’air Louis XV.


IRÈNE, (avec une grimace.)

Horreur ! Vous ne savez pas ce que je fais ?… Des pralines… des pralines à la rose, une recette