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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/286

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mes journées à moi, toutes à moi. Nos affaires très en ordre, peuvent dormir jusqu’en octobre ; Madeleine est en Auvergne avec sa mère et nous ne nous verrons qu’en novembre, juste pour le mariage… Tu vois que tout est pesé, que je n’agis pas à la légère et que j’ai choisi mon moment pour intervenir. (Il se lève.) Mais, par exemple, j’ai hâte maintenant, ah ! oui, j’ai hâte d’effacer sur sa figure ce vilain souvenir !… Chasser le bonhomme de chez nous, ce n’est pas suffisant ; je lui donnerais le moyen de profiter ailleurs de sa faute, et plus à l’aise… Non, un bon coup d’épée, voilà la seule signature qu’il faille au bas de cette histoire et qui servira en même temps, pour la galerie, de prétexte à ne plus jamais nous revoir.


PAULOT.

Alors, explique-moi bien mon rôle, veux-tu, que je ne commette pas de gaffe.


RICHARD.

Je vais procéder ainsi : après l’explication que nous allons avoir, nous prendrons un prétexte banal… Par la suite, quoi qu’il advienne, tu ne nous démentiras jamais.


PAULOT.

Compris.


RICHARD.

Je te tiendrai au courant de ce que nous aurons décidé, au fur et à mesure. Je te donnerai aussi en dépôt, — pour quelques heures seulement, rassure-toi, — deux ou trois lettres. On ne sait