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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/271

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GEORGET.

Si, puisque je te le dis.


IRÈNE.

Je n’ai pas confiance en toi… tu es partial.


GEORGET.

Que t’importe alors, si moi je te trouve belle.


IRÈNE.

Il n’y a que les femmes qui n’aiment pas beaucoup qui se satisfont de cette illusion !… Est-ce que tu m’imagines quand j’avais vingl ans ? J’étais rudement bien alors !… Quel dommage !… Pense, imagine un peu, comme je devais être à vingt ans !


GEORGET.

Moins bien.


IRÈNE.

Tiens, parbleu !… (Un temps.) Mais à part ça, j’étais très bien… Dire que tu ne m’auras pas connue à cette époque !… Quelle drôle de chose que de s’accrocher ainsi à un certain moment de la vie… et que tout le reste ce soit de l’ombre !… Imagine-moi… J’avais, tiens, l’ovale bien plus régulier… les tempes ont l’air de s’être allongées, vois-tu ? (Elle se reprend vite, craintivement.) J’étais plus jolie, mais j’avais moins de caractère.


GEORGET.

Oui, je comprends.