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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/268

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IRÈNE.

Non, ce n’est pas bête. Je me le suis demandé moi-même si souvent ! Mariée tout enfant à un mari qui ne m’épousa que pour fonder une famille et unir sa race belge à du joli sang français, j’ai poussé… Et les hommes ne me troublaient pas. Je me suis habituée jeune à leur danger… Leur gaieté me plaisait, leur compagnie m’amusait… mais je les ai vus toujours sans mystère et leur présence ne m’a jamais fait rougir. On n’explique pas ces choses-là.


GEORGET.

Ça ne te tardait pas ?


IRÈNE.

Que si ! Seulement à la fin j’y avais renoncé et je n’y pensais plus… Dame ! C’est comme quand je croyais que je n’aurais jamais ma voiture à moi : je n’en avais pas envie.


GEORGET.

Heureusement que je devais venir… Bibi était là.


IRÈNE.

Dieu que tu es stupide, mon pauvre ami !… Et puis, non, tiens, j’adore quand tu es radieusement bête comme ça !… que toute ta jeunesse éclate d’un bon gros rire qui ne peut pas tenir en place…


GEORGET.

Chez moi on me trouve triste comme un bonnet de nuit.