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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/241

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RICHARD.

Quand je venais juste de lui acheter un bijou de cent louis. Je l’ai dans ma poche.


IRÈNE.

C’est ce qui s’appelle du flair…


RICHARD, (sortant, penaud, l’écrin de sa poche.)

Le voilà ! Que vais-je en faire maintenant ?


IRÈNE, (riant.)

Tu le mettras dans la corbeille de mariage de ta fiancée ; ce sera ton premier cadeau.


RICHARD.

C’est une idée… mais je ne peux pas. J’ai fait inscrire des dates… oui, des dates qui… enfin…


IRÈNE.

Des dates ? Fais voir… (Elle inspecte le bijou.) 1er juin 1903-15 mai 1904… On dirait un règne… 15 mai ? Ah ! bon ! je comprends… L’abdication !… Mon pauvre ami ! tu t’étais trop avancé.


RICHARD.

Te fiche pas de moi ! Ah ! la grue !


IRÈNE.

Voilà déjà trois fois que tu le constates ; tu aurais pu le faire plus tôt.


RICHARD.

Elle ignore à quoi elle s’expose. La réponse ne va pas se faire attendre… Dès ce soir…