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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/211

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LOUIS.

Au fait, Richard, explique-moi, une bonne fois, pourquoi tu dis toujours mon père, en parlant de monsieur de Rysbergue, et, maman, en parlant de madame de Rysbergue… Faudrait s’entendre. Les poupées qui disent « maman » disent aussi « papa »…


RICHARD, l'interrompant, en riant.

Papa serait impossible et mère serait si drôle, si grave pour maman !… Cela lui irait si mal avec sa frimousse… « Mère !… mère chérie !… » J’aurais presque envie de rire… « Maman », même, sonne trop vieux pour elle… Nous avions ajouté un surnom, Paulot et moi, ces vacances à Trouville, pas, Paulot ? tant cela nous semblait ridicule d’appeler sur la plage cette grande jeune femme maman tout court… c’était honteux… on se retournait.


LOUIS.

Comment l’appeliez-vous ?


RICHARD.

Colibri. Maman Colibri.


LIGNIÈRES.

C’est gentil, mais c’est un peu long.


LOUIS.

Je n’aime pas les surnoms, ça fait toujours factice et bébête.


RICHARD.

Paulot qui avait trouvé ça en jouant au ten-