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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/208

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LOUIS.

Papa m’a assuré que tu étais fiancé à Mlle Chadeaux.


RICHARD.

Après ?


LOUIS.

Après ? je vous ai observés tous deux pendant le dîner…


RICHARD.

Eh bien ?


LOUIS.

Eh bien ! si vous êtes fiancés, vous cachez bien votre jeu !… Et encore, me disais-je, après dîner, il va rester au salon, auprès d’elle… Du tout ! voilà une demi-heure que nous sommes ici à nous croire obligés d’aller jusqu’au bout de nos cigares et tu ne manifestes pas la moindre intention de décariller…


RICHARD.

C’est exprès.


LOUIS.

Comment ?


RICHARD.

Je tiens à bien manifester ce soir, — parce que sa mère est là, — que rien n’est moins décidé, que rien ne justifie encore cette position de fiancé que tout le monde m’octroie, sans l’ombre de raison… J’ai vingt-deux ans, je suis l’associé de mon père et j’entends rester libre entièrement de mes actes et de mes goûts… J’exige que personne, pas même Mme Chadeaux mère, ne me force la main.

(Un domestique entre par la gauche.)