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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/191

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je n’aime pas Simonson, ce n’est pas vrai, et vous je vous aime, je vous adore, Dimitri… Ah ! je n’en pouvais plus… Ça me faisait trop de mal, aussi !


NEKLUDOFF.

Catherine !…


LA MASLOWA.

Je vous aime plus que tout, sachez-le… et je donnerais ma vie pour vous… et je ne connaîtrais pas de plus grande joie que de dormir toute la vie comme un petit chien, là, contre votre épaule… Oh ! il y a longtemps, allez !… Quand vous êtes venu là-bas dans la prison, je vous haïssais, je ne pensais plus jamais à rien, quand je vous ai revu je vous aurais tué de haine… mais petit à petit je me suis remise à penser à vous… Je croyais vous haïr encore, et je vous aimais tant que je vous obéissais en tout… Je n’ai plus fumé, je n’ai plus bu, parce qu’il m’a semblé que vous le vouliez ainsi… Et puis l’infirmier, ce n’était pas vrai, non, ce n’était pas vrai !… J’ai bien souffert, allez… Je ne voulais pas vous le dire, bien-aimé, mais c’est si dur de porter une si grande chose dans son cœur… et vous alliez partir sans savoir, sans vous douter… Ah ! non, Dimitri, il ne fallait pas, n’est-ce pas ?


NEKLUDOFF.

Katucha !… dans ton regard, dans ton regard j’ai vu la vérité… Quelle joie !… C’est vrai, c’est vrai !…