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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/189

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Scène VII


NEKLUDOFF seul, puis LA MASLOWA


NEKLUDOFF, seul.

Insensé ! Est-ce le châtiment d’aimer et de vouloir ? Voici la récompense de mes efforts ! Je n’ai pourchassé qu’un rêve enfantin et puéril, qui me laisse tout seul, tout piteux d’avoir suivi si loin les fausses voix de la conscience, celles qui mentent et qu’il ne faut pas écouter… Allons, missionnaire de salon, ton algarade est terminée, ton aventure échoue piteusement devant la vérité forte et logique. Meure ce frisson de pitié qui m’avait conduit jusqu’ici et qui m’avait ouvert, semblait-il, les portes merveilleuses d’un univers nouveau ! Je n’en emporterai que le regret et le souvenir châtié.


LA MASLOWA, arrivant à pas lents.

Vous désirez ?


NEKLUDOFF.

Je viens de recevoir à l’instant cette lettre. C’est votre grâce… Votre peine est commuée en quelques mois de déportation ; nous sommes enfin parvenus à ce que nous voulons, vous allez être libre… En même temps Simonson vient de me dire qu’il vous aimait et qu’il voulait faire de vous sa femme si vous y consentiez. Deux voies s’offrent donc pour vous, celle que je vous ai toujours proposée et qui peut se réaliser maintenant et… l’autre.