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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/185

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elle… Moi, je ne me considère plus comme libre, mais elle, elle a toujours sa liberté.

(Il jette sa cigarette.)

SIMONSON.

Catherine m’a dit qu’elle ne voulait pas de vous… Je sais que sa résolution sur ce point est inébranlable.


NEKLUDOFF, sèchement.

Mais alors à quoi rime cette conversation, mon cher, elle est absolument inutile. Cessons là.

(Il fait un mouvement pour s’en aller.)

SIMONSON, la voix dure et nette et en le regardant.

Non, parce qu'il faut, vous entendez bien, il faut que vous reconnaissiez aussi que vous renoncez à vous occuper d’elle, jamais.


NEKLUDOFF, avec un haut-le-corps.

Vous dites ? (puis il se reprend et après un silence, très calme.) Mais comment pourrais-je reconnaître que je ne dois pas faire ce que j’estime mon devoir ?… La seule chose que je puisse lui dire, c’est ce que je viens de vous dire à vous-même : c’est que je ne suis pas libre et qu'elle l’est entièrement, pleinement, vis-à-vis de moi… Allez la chercher, je le lui répéterai sur le champ.


SIMONSON.

Bien… Je vous demande pardon de m’exprimer ainsi, mais nous ne sommes pas de même espèce… Et puis, j’ai toujours été un peu loup de neige,