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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/181

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KRILITZOF.

Mais non.


LA MASLOWA.

Venez, on vous enveloppera bien.


NEKLUDOFF.

Oui, oui, allez Krilitzof.


KRILITZOF, se levant avec l'aide de la Maslowa et de Maria.

Ah ! la triste Pâque ! la triste Pâque !

(Ils rentrent tous les deux dans le hangar et disparaissent. On entend au loin les cloches du village sibérien et des chants en plein air.)

L'OFFICIER.

Vous entendez, Excellence ? Nos condamnés… Ça ne manque pas d’une certaine poésie…


NEKLUDOFF, rêveur.

Oui, le chant natal…


L'OFFICIER, débouchant une gourde de cuir à son ceinturon.

Vous ne voulez pas un peu de cognac ? On pourrait apporter un verre… Non ? À votre aise !… Quand on est dans cette maudite Sibérie, c’est un vrai plaisir de rencontrer un homme du monde… Et le plus merveilleux, c’est que pour la plupart des gens, un officier de police est un personnage grossier, mal élevé… On ne se doute pas qu’il y a parmi nous des hommes d'une tout autre espèce…