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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/175

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PREMIER PRISONNIER, se hissant sur la balustrade.

La chiourme a empoigné un homme. C’est la bastonnade. C’est l’officier qui se venge.


KRILITZOF.

Sur qui ?


PREMIER PRISONNIER

Pas un condamné politique, bien sûr : un pauvre bougre.


NOWODOROFF, à Simonson.

La réponse ne s’est pas fait attendre.


QUATRIÈME PRISONNIER

C’est un vieux que les marchandes accusent d’avoir volé du poisson.

(La Maslowa s'est arrêtée de balayer.)

SIMONSON, s’approchant d’elle.

Eh bien, Maslowa, vous ne travaillez plus ?


LA MASLOWA.

Je n’ai pas le cœur. Ces cris me font mal.


SIMONSON.

Moi, ils me font du bien… Ils sont là pour empêcher l’âme de s’endormir, au contraire. Crie, crie, pauvre vieux, que je m’en souvienne bien… Ah ! vois-tu, Maslowa, dans quatre ans, je serai libre, et alors…


LA MASLOWA.

Alors ?