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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/154

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Au fait, vous avez raison… Orgueil, Nikhine, misérable orgueil ! Cette femme en agissant ainsi s’est conformée au caractère que lui a donné la vie ; qu’elle ait fait des siennes avec un infirmier, c’est affaire à elle, cela ne me regarde pas… Mon affaire est d’exécuter ce qu’exige ma conscience. On ne refait pas les âmes des autres, décidément, mais j’ai la mienne à refaire… que cette abjection serve au moins à cela ! La voici… À demain, Nikhine. Et c’est la dernière fois que j'aurais à vous imposer cette ridicule besogne d'Horatio du bagne. Je passerai demain chez vous. Je veux vous serrer la main avant de partir pour Pawlowna, où je tiens à régler immédiatement cette affaire de la donation aux paysans des biens que me laissent la mort de mes tantes… Cette aventure m’a ouvert l’esprit à bien des choses ! Encore mille mercis pour tout ce que vous avez fait…

(Nikhine sort.)


Scène VIII


NEKLUDOFF, MASLOWA


MASLOWA, entre, elle se précipite gaiement vers Nekludoff.

Ah ! c’est vous.


NEKLUDOFF, durement.

Oui.

(Elle tend la main à Nekludoff, il la refuse.)