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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/133

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Catherine ! Catherine ! pauvre âme à qui l’on a fait mal, qui ne savez plus le temps où se levait sur les champs et les prés votre chère petite tête claire, je vous sauverai malgré tout, et contre vous-même… Je ne comprends que trop votre révolte sauvage, mais ce que j’ai dit, je le maintiens… Et si tu t’y refuses, mon enfant, aussi longtemps que tu t’y refuseras, je resterai près de toi, je te suivrai… j’irai avec toi où l’on te conduira… sois tranquille.


LE GARDIEN, à voix basse.

Il faut partir.


NEKLUDOFF, à Maslowa.

Allons, allons, vous êtes aujourd’hui tout agitée. Demain, si c’est possible, je reviendrai, et vous, en attendant, vous réfléchirez… (Silence. Il tire gauchement, après une hésitation, quelque chose de sa poche.) Catherine, je vous avais apporté aussi ceci… que j’ai retrouvé dans des tiroirs… C’est une vieille photographie faite dans le jardin… autrefois… quand nous étions comme cela… Prenez… (Il la met dans la main de la Maslowa.) Allons… à demain, Catherine… Je vous laisse… à demain.

(Nekludoff et Nikhine sortent. La Maslowa reste seule, avec, en ses mains, la photographie qu’elle regarde, hébétée, stupide et silencieuse… Rentrée des prisonnières qui se bousculent en grand tumulte.)