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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/131

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NEKLUDOFF.

Catherine !


LA MASLOWA.

Ne me touche pas !… Je suis une condamnée au bagne. Toi tu es un prince. Tu n’as rien à faire ici… Va-t'en ! va-t’en, ne me touche pas, je te déteste. J’aimerais mieux me pendre que d’aller avec toi… Tout de toi me dégoûte, toute ta figure, tiens, tes vêtements, tes mains, tes yeux, ta sale figure pleine de graisse, tout… va-t’en… va-t’en, je te dis !… Ah ! pourquoi ne suis-je pas morte dans ce temps-là ! Pourquoi, mon Dieu !…

(Elle tombe par terre tout de son long et elle pousse de longs, de grands gémissements d’enfant plaintif à la fois et de femme ivre.)

LE GARDIEN, ouvrant la porte au bruit et rentrant avec Nikhine.

Qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi ces cris ?… Ah ! tu fais du scandale ! Je t’apprendrai à t’oublier ainsi !…

(Il lève le knout.)


Scène IV


Les Mêmes, NIKHINE, LE GARDIEN


NEKLUDOFF.

Laissez-la, je vous prie… cela me regarde… Éloignez-vous une minute encore, je vous prie.


NIKHINE.

Que s’est -il passé ?