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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/128

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savez, c’est drôle ici !… Il y a la grande Rousse aussi, qui se gratte toujours la tête comme ça… non, tu sais, mon chéri, tu n’as pas idée !…

(Elle rit.)

NEKLUDOFF.

Comme elle est étrange… de plus en plus. (Haut.) Voyons, ne nous égarons pas. J’ai cinq minutes encore… il faut que je vous dise tout ce que je me suis juré de vous dire… je vous prie de m’écouter absolument. Vous vous rappelez ce que je viens de vous dire à l’instant ?


LA MASLOWA, vague.

Vous m’avez dit tant de choses ! Qu’est-ce que vous m’avez dit ?


NEKLUDOFF.

Je vous prie de bien me comprendre, car c’est très sérieux. Je veux réparer ma faute, faute grave, et dont je suis responsable devant ma conscience, non par des paroles mais par des actes. Je suis résolu à tout pour vous sauver. Je vous sortirai d’où vous êtes, si bas que vous soyez tombée. Je quitterai, comprenez-moi bien, ma famille, ma vie s’il le faut. À partir d’aujourd’hui nous nous appartenons l’un à l’autre. S’il le faut même, je me marierai avec vous.


LA MASLOWA, qui a écouté, fixe, bouche bée.

Vous dites ?