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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/125

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LA MASLOWA, insistant avec des minauderies.

Mais il faut en prendre un bon, un cher.


NEKLUDOFF.

Je ferai tout ce qui sera possible.


LA MASLOWA, lui touchant la veste avec la main.

Ça c’est gentil d’avoir pensé à moi… Mon ancienne patronne aussi, tenez. Elle vient de m’envoyer des cigarettes. Si je pouvais acheter de quoi boire maintenant, ce serait déjà mieux… (Elle s’arrête, attendant la réponse.) Je vous demanderais bien, mais j’ai peur d’abuser… un peu d’argent, oh ! pas beaucoup… dix roubles, mais seulement si ça ne vous gêne pas… parce que sans ça… Dix roubles… je n’ai pas besoin de plus.


NEKLUDOFF.

Mais comment donc… sans doute… sans doute.


LA MASLOWA.

Attendez que le gardien ait le dos tourné, sans quoi on me prendrait l’argent. (Elle se retourne pour surveiller le gardien au fond et prend l'argent au moment où il a le dos tourné.) Là… non… paix !… Il va nous pincer. (Quand le gardien a disparu derrière la grille du dortoir.) Psst ! Merci.

(Elle prend l'argent que lui tend Nekludoff.)

NEKLUDOFF, en se reculant d’un pas pendant quelle met l’argent dans son bas.

Mais c’est là une créature morte ! Mon Dieu ! mon Dieu ! venez à mon secours… Ah ! pouah !…