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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/112

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FÉDOSIA, s’approchant timidement derrière Maslowa.

Je t’avais préparé du thé, mais à présent, il est tout froid… Tu ferais mieux de boire du thé que de l’eau-de-vie, ma chérie.


LA MASLOWA, la repoussant.

Tout à l’heure ! Ça me ragaillardit ! Ah ! ça fait du bien tout de suite… C’est que j’en ai vu depuis deux jours… J’en ai les oreilles qui bourdonnent ! Je ne sais plus où j’en suis. (Elle s’installe, animée. Et les femmes se groupent autour d’elle.) Vrai ! je ne croyais pas qu’ils me condamneraient. Tout le temps ils m’ont dévisagée en souriant. Tous les hommes, pendant la journée, me couraient après… Au tribunal si vous saviez ce qu’on me lorgnait ! À part le procureur, ils me faisaient tous de l’œil. Il y avait le vieux président à tête de singe surtout… Non vrai, je n’aurais pas cru.


LA BEAUTÉ.

C’est que c’est comme ça. Les hommes c’est tous comme des mouches autour du sucre.


LA VIEILLE, riant.

Hein, elle en sait quelque chose, la petite tante ?… Ah ! bien sûr que tu ne mèneras plus une vie aussi agréable… Tu étais heureuse là où tu étais ?


LA MASLOWA.

Ben… on avait de la musique, des danses, des gâteaux, du tabac et de tout. Et puis on pouvait flâner des journées… on avait tout ce qu’il fallait… Ce n’est pas ennuyeux de se maquiller… On man-