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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/110

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LA BOSSUE, regardant la gravure du paquet de cigarettes.

C’est un joli paquet… il y a une dame rose avec un haut chignon et des jarretières noires.


LA FEMME, à l'enfant.

Donne-moi l’image pour le petit… Tiens, mon chou.


LA MASLOWA.

Qui est-ce qui a du feu ?


LA BEAUTÉ, à la bossue.

Allume la mèche à l’icône.


LA VIEILLE.

Moi j’aime mieux la chiquer.


LA MASLOWA, aspirant une bouffée avec volupté.

Ah ! Dieu que c’est bon !… ça me manquait. (S’animant.) Elle était gentille madame Kataïew ! Elle nous fournissait des chemises de soie, des roses, des bleues, comme il n’y en avait pas ailleurs.


LA VIEILLE.

Eh bien et les cinquante kopeks ? Tu vas les étrenner, j’espère. Tu vas payer à boire. On va te présenter à la Korablewa… C’est la vieille qui coud là-bas à la fenêtre… tu vois ? celle qui n’a plus que quatre poils roux sur la tête et dix-huit mille sur chaque verrue. C’est la doyenne de la prison, c’est elle qui a le droit de vendre de l’eau-de-vie.


LA MASLOWA, fumant.

Qu’est-ce qu’elle a fait, elle ?