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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/82

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ANDRÉ.

Vous aimez les artistes ?


GYSÈLE.

Dieu non ! je les ai en horreur.


ANDRÉ.

Pourtant, votre père ?…


GYSÈLE.

Papa ?… Est-ce que c’est un artiste, voyons !…


ANDRÉ, riant.

J’aime à voir que vous êtes intelligente… Êtes-vous vraiment intelligente ?


GYSÈLE.

Mais c’est un inventaire.


ANDRÉ, riant.

Oui. Quand j’approche une femme pour la première fois, tout m’étonne en elle… Et puis, vous m’intéressez comme un animal très jeune… une jolie bête d’appartement.


VOIRON, dans le fond, à Valgy, à la table où sont rangés les acteurs.

Dis donc… regarde ton chouchou qui fait la cour à la dame…


VALGY.

Eh bien ! De quoi te mêles-tu ? Si ça l’amuse, cet enfant.


VOIRON.

Ah ! très bien !…


GYSÈLE, à André qui la fixe.

Quand vous aurez fini de me regarder !


ANDRÉ.

C’est que c’est très drôle, votre figure… Vous avez un peu les paupières bleuies de fièvre là-dessous, et transparentes comme la peau des petits canaris qui viennent de naître… C’est très joli.


GYSÈLE, riant.

Vous êtes drôle.