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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/71

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VALGY.

Eh bien, en attendant, veux-tu t’étendre sur ton canapé, suivant la mise en scène… Ah ! à ce propos, monsieur Demieulle, comme sentiment je ne me trompe pas, n’est-ce pas ?… Mon amant est, au fond, très furieux de me voir engagée dans un music-hall, parce qu’il ne me croit aucun talent, et…


GILLET.

L’imbécile !


VALGY.

Alors, après la scène d’engueulade (que nous passerons aujourd’hui), je lui danse mon pas de ballet, et, ce faisant, je tâche de l’exciter…


VOIRON, rectifiant.

De l’enivrer, divine amie…


ANDRÉ.

Oui, oui… Vous avez très bien donné la dernière fois. C’était tout à fait ça… comme une vision… la vision du plaisir moderne… Que ce soit très canaille et très harmonieux à la fois. (Souriant.) N’est-ce pas ? vous voulez bien ?


VALGY.

Compris. (À Gillet.) Tu vas voir ça, mon colon. Tu n’as qu’à te bien tenir.


GILLET, qui figure l’amant en question, s’installant sur une chaise.

Passe-moi ta Chasse aux fauves, Bouyou…


VALGY.

Allez, Damianos… seulement très en sourdine, s’il vous plaît, un murmure à peine… que je cherche des choses en répétant…


ANDRÉ.

Et surtout pas de poésie, hein ?… Café-concert, que ça sente bien la fumée de tabac… C’est ça… na… na… na… (Il fredonne.) na… na… na…


VALGY.

Allendez ! attendez !… je suis intimidée… Une se-