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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/63

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GILLET.

Et le lustre !… Quel lustre !…


VOIRON.

Quel dommage qu’on ne joue ici que des cochonneries !… Quand je serai directeur ici, on ne jouera que du drame… Il faut de l’idéal !… Jetons de l’idéal aux foules !


GILLET.

Moi, après toi, quand tu auras fait faillite, je ne jouerai que l’opérette !… je sens l’opérette là-dedans.


SICAULT, hurlant.

Place au théâtre !… (À Vairon et à Gillet.) Eh bien, que faites-vous là ?


VOIRON.

Nous rêvons.


GILLET.

Nous rêvons.


SICAULT.

Allez, fichez le camp…


VOIRON, en s’en allant, à Gillet.

Et, d’ailleurs, que sommes-nous ?… Un siècle d’opérettes ! Quand la France est dirigée comme elle l’est !…


ANDRÉ, haut.

Quelqu’un sait-il si mon ami Rouchon est venu me demander ?…


EMMA.

Non, je ne crois pas.


SICAULT.

Na, ça y est. Toi, Paulette, prends au monologue.


EMMA, bas à André pendant que Paulette va s’asseoir sur une chaise à l'avant-scène.

Vous ne pouvez pas vous en passer de votre ami Rouchon… Qu’est-ce qu’il fait dans la vie, votre ami Rouchon ?


ANDRÉ.

Rien, il est mon ami… C’est sa fonction… C’est un garçon sans apparence, comme ça… mais très fin…