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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/56

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VOIRON.

Passe-moi le sac aux gâteaux.


GILLET, à André.

Cette Dannet !… elle a vécu huit ans avec le dernier vaudevilliste et elle se croit obligée de nous servir des mots d’auteur gai… C’est effroyable.


ANDRÉ.

Oui, mais je l’aime bien, parce qu’elle a en tout une belle âme républicaine…


EMMA, à Voiron qui fait claquer le sac de papier aux oreilles de l'enfant.

Sale type, va !… tu vas la faire pleurer !… Gillet, veux-tu être assez gentil pour conduire ma fille chez le concierge ?


GILLET.

Comment donc.


EMMA.

Va, avec le monsieur.


GILLET, entraînant l’enfant par la main et d’une voix mielleuse.

Viens, mon coco. Tu entends ce que dit ta grue de mère ?… Ah ! tu peux te flatter d’appartenir à une jolie famille… Viens chez le concierge, et si tu rappliques demain, tu peux être sûr que je te mettrai mon petit pied dans le derrière, s’pas, mon coco ?


L'ENFANT.

Oui, monsieur.


EMMA, de loin.

Qu’est-ce que tu racontes là-bas ?


GILLET.

C’est ta fille qui qui me dit des inconvenances.

(Ils sortent par le fond.)