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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/52

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LE DIRECTEUR, aux machinistes.

C’est ça… appuyez un peu à gauche… encore… là… Ça va !… Dites donc, Sicault, une minute…

(Il disparaît dans les portants avec le régisseur Sicault.)

EMMA SANNET, à une petite fille de cinq ans, qui a la bouche pleine d’un gros gâteau.

Viens ici mon loulou… tu vas te faire écraser…


PAULETTE.

Il n’y a jamais que le pianiste d’exact ! Ce n’est pas des répétitions ça !…


VOIRON.

Comme tu manges salement, Bouyou !… Quel petit cochon !


PAULETTE.

Pas notre décor, je suppose, qu’on plante là ?

(Elle quitte la table pour regarder le décor.)

GILLET, haussant les épaules.

Qu’est-ce que ça peut bien te faire ?


PAULETTE.

Oh ! sûr que pour une pièce pareille !… Ah ! ils peuvent être certains de leur affaire ! La tape ! Si j’étais le directeur, je m’arrangerais pour me faire payer le dédit.


GILLET.

Oui, il paraît qu’il y a dix mille francs de dédit. Bon à prendre ! Tandis que ça ne fera pas un sou ! Trente représentations assurées. Ça en aurait fait quarante si ce n’avait pas été joué par Valgy…


PAULETTE.

Faut-il qu’il soit gâteux pour monter une pièce pareille !…


VOIRON, se rapprochant.

Je ne suis pas tout à fait de votre avis, ma chère amie… Il y a des choses intéressantes… mais c’est un peu subtil, je l’avoue, c’est un peu subtil.

(Mouvement général. Cris de : Ah ! le voilà ! le voilà !… L’auteur, André Demieulle, entre. Chapeau haut de forme. Gros foulard.)