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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/351

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Scène XIII


GEORGES, ISABELLE.


GEORGES, étonné.

Tiens !…


ISABELLE.

Pierre m’a laissé entendre qu’ils venaient tous deux d’échanger une grande promesse d’amitié… Mais cette amitié peut-elle être de quelque secours à l’enfant qui s’en va… si seule !…


GEORGES.

Mais oui… Ils vont dire ensemble beaucoup de mal, de nous… Ils sont sauvés !…


ISABELLE.

Ah ! que tu es déconcertant. Georges !… Au moment même où l’on croit te comprendre et te satisfaire, voilà que tu ris !…


GEORGES, l'attirant sur sa poitrine.

C’est que je connais la banalité de la vie ! et j’ai confiance en elle, et c’est sur elle que je compte ! Sois rassurée. Les pires drames, les plus tristes drames, un beau jour, par un épuisement du sort, par une lassitude du grand ironiste d’en haut, sans doute satisfait de nos contorsions, se résolvent en une pichenette insignifiante, en un incident d’une banalité… déplorable ! Tant de souffrances pour aboutir à ça !… à rien… Et pourquoi plutôt aujourd’hui que demain ?… on ne sait pas !… C’est épuisé !… on le sent, on n’en est pas sûr !… Et c’est la vie !…


ISABELLE.

Pauvre Jeannine !