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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/348

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suis sympathique ?… Tope-là ! Alors, vous voulez bien de moi comme camarade ?


JEANNINE.

Oh ! oui, monsieur !


PIERRE.

J’emporte votre petite amitié, comme une jolie fleur, née des ruines, jeunes pour vous, vieilles pour moi, de nos deux douleurs… née de tout l’amour qu’ils n’auront pas compris !… L’élan précipité de ce grand toqué doit vous effaroucher un peu, mais je ne veux pas m’en aller sans que nous ayons conclu une vraie alliance, dans le mystère de cette belle et triste soirée, dont nous garderons le souvenir, et… Allons, voilà que je m’exprime encore en style vieux monsieur… je déraille… c’est désolant !


JEANNINE.

Vous êtes très gentil !… Mais quel ennui tout de même de n’avoir pas de chance !…

(Un gros soupir.)

PIERRE.

À qui le dites- vous ! Alors, je peux compter sur vous ?


JEANNINE.

De grand cœur !


PIERRE.

Le pacte est conclu ?… Je suis ravi… Et qu’allez-vous faire, ma nouvelle petite amie ?


JEANNINE.

Je vais parler comme une grande personne… Il faut que je sois bien raisonnable maintenant… Rappelez ma sœur, voulez-vous ?… Et merci…

(Elle lui serre la main. — Pierre va à la porte de droite.)