Ouvrir le menu principal

Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/342

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



GEORGES.

À aucun prix !… n’insiste pas… j’ai dit… Demain recommencerait la geôle. Madame Heiman emmènera Jeannine, elles iront faire un petit voyage dans le Midi… moi ailleurs… toi tu retourneras à Paris…


ISABELLE, tombe effondrée sur une chaise.

Oh ! mon Dieu !

(Entrent Pierre et Jeannine.)


Scène IX


Les Mêmes, PIERRE, JEANNINE.


GEORGES.

Toi, arrive ici… ma petite ! hop ! (Il la pousse brutalement devant lui.) Écoute-moi bien… attentivement.


ISABELLE, pleurant.

Écoute-le, Jeannine ! Écoute-le ?


GEORGES.

Nous allons nous séparer, puisque vous l’avez voulu, puisqu’il le faut. Tu vas donc partir… Où que tu ailles, — retiens ce que je te dis là, enferme chaque parole avec soin dans ta mémoire, — où que tu ailles, plus de sottises !… Sache ceci : que tu ne commets rien de mal en m’aimant. Laisse vivre en toi cet amour, librement, sans contrainte, sans chercher à en guérir !… Laisse-le chanter ou pleurer à sa guise, mon enfant… Ne te presse pas de ne plus m’aimer…. Puise dans cette épreuve le courage même de vivre et de devenir une femme !… Bientôt peut-être, un jour, nous sentirons que nous pouvons nous rapprocher, et nous reviendrons… Ce jour-là, il n’y aura plus de petite Jeannine. Il n’y a plus de petite Jeannine !… Jure que tu vivras pour moi, pour elle. (Il montre Isabelle.) Plus de sottises,