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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/335

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PIERRE.

N’insistez pas…


ISABELLE.

Voilà qui va hâter les choses.


PIERRE.

Comment cela ?


ISABELLE.

Vous verrez.


PIERRE, ému.

Ah !


ISABELLE.

Et à quelle heure êtes-vous arrivé chez Odette ?


PIERRE.

Au moment du dîner… il y a une heure…


ISABELLE.

Et à huit heures vous étiez déjà au courant de tout !… C’est admirable ! Voilà bien les amies !… Curiosité, vanité et envie… J’en étais sûre !… Elle m’avait juré, celle-là, qu’on la couperait en morceaux plutôt que de révéler un mot de leur trahison, à qui que ce soit… même à de Chelles, même à vous…


PIERRE.

Vous vous trompez, je vous jure. Odette a été d’une discrétion absolue… même ridicule, je m’en porte garant pour elle.


ISABELLE.

Mais alors, qui vous a appris ?


PIERRE, embarrassé.

Eh bien ! je…


ISABELLE, d’une voix subitement indifférente et détachée.

Ah ! je comprends… oui, c’est juste… Ils ne se cachent de personne… Oh ! tout le monde est au courant ici… C’est une aventure publique. Georges lui-même vous aura tout de suite raconté sa passion pour Jeannine. (Mouvement de protestation énergique de Pierre.) Ou