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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/321

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sorte, chère tête, qu’on peut très bien jeter une lettre le lundi, par exemple, se décider à partir dans le courant de la semaine, et faire le voyage, le lundi suivant, en paquebot, par le même courrier que ladite lettre ? Avez-vous compris, maintenant ?


MADAME HEIMAN.

Mal. C’est obscur.


PIERRE.

Je me suis jeté dans le train du Havre, immédiatement, au débotté… et à la gare de Saint-Meilhan, comme je vous l’ai dit, l’honorable individu que vous appelez Baugé a bien voulu me conduire chez vous… Oui… Il commençait à faire trop chaud là-bas, et puis il est urgent que je me rende à Londres… Car je suis devenu extraordinaire, vous savez !… J’ai des intérêts dans l'Achanti-Goldfiels Corporation !… Je suis de deux commissions techniques !…


MADAME HEIMAN.

Vous !… C’est à se tordre !… C’est drôle comme quand les peintres coupent leurs cheveux pour le régiment !


PIERRE.

Eh bien il faudra vous y habituer.


MADAME HEIMAN.

Jamais ! Je vous en préviens !… Je ne vous prendrai jamais au sérieux comme homme d’affaires !… C’est égal ! Vous ici !…


PIERRE.

Comme ma petite visite a l’air de vous abrutir, ma chère amie !…


MADAME HEIMAN.

Un peu.


PIERRE.

Quoique je trouble un délicieux tête-à-tête avec monsieur de Chelles vous ne m'en voulez pas d’être descendu chez vous ?