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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/312

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Georges rentre, poussant la petite devant lui. — Bas à Jeannine.) J’en ai assez de cette existence. Il faut qu’elle cesse.


ISABELLE se retourne.

Ah ! te voilà !

(Elle fait un signe suppliant à Georges, pour qu’il les laisse seules. Jeannine attend, droite. Georges sort.)


Scène XIII


ISABELLE, JEANNINE.


ISABELLE.

Pardon, Jeannine, je te demande pardon de ce que je viens de faire là.


JEANNINE, imperceptiblement.

De rien, j’en ai vu d’autres.


ISABELLE.

Si, j’ai besoin que tu me pardonnes. Il y a longtemps que je voulais te le dire.


JEANNINE.

Ça n’a pas d’importance… et tu as tous les droits !


ISABELLE.

Regarde-moi, puisque tu m’as comprise, Jeannine… J’en fais humblement l’aveu devant tes yeux de quinze ans, en baissant les miens : je souffre, Jeannine, je souffre du même mal que toi… Il faut être bonne. Pardonne-moi, mon petit.


JEANNINE, gênée.

Voyons, c’est une plaisanterie…


ISABELLE.

Non, je t’assure. Quoi qu’il se soit passé, entre vous