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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/311

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besoin irrésistible que j’ai eu, tout à coup, de t'embrasser, un besoin de tes lèvres, juste à ce moment… Je ne m’explique pas. Ça été plus fort que moi…


GEORGES.

Depuis deux mois, j’ai accepté la situation complète, intégrale… à tant faire, je me suis payé le bloc, y compris les bons sarcasmes dont tu m’abreuves !… Ils faisaient partie de mes prévisions et la joie de ma mathématique !… J’attendais le total qui te convaincrait, sans plus intervenir jamais… Mais, pour te rendre coupable d’actes pareils, il faut que tu aies dépassé mes prévisions et que tu me caches de bien étranges soupçons !… Allons, voilà qui va finir !… Que vous le vouliez ou non, nous nous expliquerons ce soir, ma chère amie ! Pas un mot de plus. Cet état cardiaque va cesser !


ISABELLE.

Tu as raison de te fâcher. J’ai eu tort. Mais je vais parer, tu verras. Va me la chercher…


GEORGES.

Ma parole, c’est moi maintenant qui prends le parti de cette enfant ! C’est moi qui suis obligé de la défendre contre toi, et c’est moi qui commence à avoir réellement peur, maintenant !… Car je ne sais si tu vois ce que tu fais… Pour la première fois j’ai le sentiment d'un danger véritable… Où est-elle maintenant ? Où est-elle ?


ISABELLE.

Là !… là ! Ne te fâche pas si fort, mon Dieu… puisque je te dis que je vais tout réparer… Au lieu de crier, tu ferais bien mieux d’aller me la chercher.


GEORGES.

Ah ! nous allons encore couler quelques heures charmantes !… (Il sort en criant.) Jeannine ! (Mais Jeannine ne devait pas être loin, peut-être même derrière la porte, car Isabelle a le temps, à peine, de se précipiter au balcon que