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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/308

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Scène XI


ISABELLE, JEANNINE, GEORGES.


ISABELLE, prenant, naturellement, la main de Jeannine qui passe près d'elle.

Tiens, tu t’es coupée ?


JEANNINE.

Oh ! rien !… C’est en jouant dans le jardin.


GEORGES, continuant de maugréer.

Ils sont d’une inexactitude intolérable, ces deux-là ! Et dire qu’il en est ainsi dans tous les ménages irréguliers !… Ça fait frémir ! Eh bien, attendons, nous autres, mes enfants ! Tournons-nous les pouces. (Les deux sœurs sont assises, prostrées. — Georges les regarde avec méfiance.) Étonnant combien ma lecture a l’air de soulever d’enthousiasme !… C’est dommage ! Il y avait quelque chose, là !…

(Il se frappe le front et rallume sa pipe.)

ISABELLE, à elle-même.

En jouant dans le jardin !… Ils ne m’auront pas même fait la grâce d’un doute !…

(Silence.)

GEORGES, de la table où il soupèse son manuscrit.

Alors, rien dans le courrier ?


ISABELLE.

Rien. (Georges se met à numéroter ses pages avec un crayon. Isabelle, immobile, assise sur un canapé. Jeannine se lève distraitement et va dans le fond de la pièce, loin, derrière le canapé, prendre une guitare qui se trouvait là. Elle l’accorde.) Comme ils ont l’air naturel. C’est effrayant !