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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/303

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LE DOMESTIQUE.

Voilà le courrier de madame, et un paquet.

(Il le donne à Isabelle.)

GEORGES, heureux de cette diversion, va s’en aller. Avant de sortir, d’un air naturel il se croit obligé de dire.

Rien d'important ?


ISABELLE.

Rien.


LA VOIX DE MADAME HEIMAN.

Peut-on monter ?


GEORGES.

Je crois bien… Isabelle est là, montez donc.

(Il va au-devant d’elle dans l’escalier, Isabelle ouvre la lettre qu’on lui a remise, son visage a une expression de grande anxiété.)


(Madame Heiman entre.)


Scène IX


ISABELLE, MADAME HEIMAN.


ISABELLE.

Ah ! vous en avez des idées ! J’ai suivi vos conseils, j'ai étrenné une robe neuve…


MADAME HEIMAN.

Elle est charmante, bravo !… et dans la note !


ISABELLE.

Je me suis humiliée un peu plus, voilà tout le résultat !… Pouvais-je deviner qu’au moment où je me traînais comme une fille, oui, comme une fille, à ses pieds, je venais de déranger une scène d’amour ?… et quelle scène !… Tenez, en voici les débris… Et, là, le mouchoir avec lequel il lui étanchait tendrement, ha, si tendrement, la main… c’est touchant !… Je la vois, la scène, je la vois ! Que le hasard est donc bête ! Voilà,