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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/290

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parler « homme ». Jamais je ne me suis senti si attaché à toi !…


VICTOR.

C’est que tu es saoul… J’étais venu voir si cette lecture tenait toujours… Je juge, d’après cette entrée, que c’est partie remise.


GEORGES.

Comment donc, si elle tient ! Plus que jamais ! Voilà ; le paquet est là… 127 pages. Vous les avalerez jusqu’au bout.


VICTOR, timidement.

C’est une histoire d’amour ?


GEORGES, bondissant.

Ah ! ça, non, par exemple ! ah ! ça, bigre non ! Même je t’avertis, nous allons bien passer cinq minutes ensemble, si tu es venu avec la moindre velléité de me parler de tes amours avec Odette, ou me narrer si vous êtes en bonne intelligence, si vous vous disputez, etc… je ne le souffrirai pas une minute, contrairement à mes habitudes ! C’est un simple avertissement.


VICTOR.

Oh ! mais sur quoi as-tu marché ce matin ? Au fait, depuis que je suis ici, Odette prend des airs de grand mystère chaque fois que je parle de vous, Isabelle ?… chutt ! La petite ? qu’est-ce qu’on en fait ? Est-elle un peu revenue de Georges ? Quand la marie-l-on ?… chutt !! De tant de mystère je conclus que tu ne dois pas être tous les jours à la noce !


GEORGES, radieux.

C’est le cas de le dire !


VICTOR.

Heureusement, tu as épousé une femme exemplaire, la femme forte de l’Évangile… telle que, toute ma vie, je m’en suis souhaité une… et les rênes dans sa main, tous les embêtements que tu peux avoir doivent être