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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/289

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(Il la pousse par les épaules jusqu'à la porte… Jeannine résiste comme un enfant en grognant… La porte se referme… Georges reste seul, réfléchit, et va s’asseoir à sa table. La porte de droite s’ouvre. Victor de Chelles entre, — chapeau de paille, fleur à la boutonnière.)


Scène II


GEORGES, VICTOR DE CHELLES.


GEORGES.

Un homme !


VICTOR.

Tu dis ?


GEORGES.

Je dis : un homme. Enfin !


VICTOR, stupéfait, sur le seuil.

Qu’est-ce que tu chantes-là ?


GEORGES.

Des culottes… un veston… des moustaches… quelqu’un comme moi !… Ah ! ça fait du bien tout de même ! ça me retrempe !… Eh bien, voilà, mon vieux, voilà, je suis content !… Il me faut peu de chose, hein ?… Ce bon Victor !


VICTOR.

Si tu te paies ma tête, tu sais, tu pourrais le faire d’une façon plus spirituelle.


GEORGES.

Me payer ta tête ?… non… la voir seulement, la voir ! Tu m’as trouvé dans l’état de ces pauvres voyageurs français qui n’ont pas entendu parler leur langue maternelle, depuis des temps immémoriaux, et qui embrasseraient le premier Français que le ciel fait surgir à leurs yeux ! Eh bien, voilà, j’avais comme besoin de