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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/276

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JEANNINE.

Je ne sais pas.


GEORGES.

En voulez-vous un autre ?


JEANNINE.

Ça m’est égal. (Elle se lève en proie à une très grande décision ; elle est bouleversée, elle respire fort, comme lorsqu’on va prendre une décision. — Quand Georges descend de sa chaise, elle se précipite vers lui.) Georges !


GEORGES.

Quoi ?

(Ils sont face à face.)

JEANNINE, baissant la tête.

Rien !…

(Elle reste ainsi fixe, plantée devant lui, en regardant ses bottines.)

GEORGES.

Savez-vous ce que va faire la petite Jeannine si elle est bien gentille ?… Elle va mettre ses pieds au feu, là-bas, sur le canapé… ouvrir ce livre qui est très intéressant… et que j’ai choisi exprès pour elle… (Il lui met le livre dans la main, en la conduisant doucement par l’épaule.) elle va lire… on le tient comme ça, le livre… là… pendant que les gens sérieux vont remonter à leur travail.

(Il l’installe.)

JEANNINE, suppliante.

Tout de suite ?


GEORGES.

Tout de suite !… Voilà ce que va faire la petite Jeannine, parce qu’elle est bien obéissante… Et quand sa sœur rentrera, elle la trouvera, gentiment, dans la même position… les pieds au feu…


JEANNINE.

Georges !


GEORGES.

Et comme comble de générosité, c’est moi qui vais mettre la bûche dans le feu !… (Il met une bûche dans la