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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/255

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GEORGES.

Et je ne le regrette pas. Je n’avais pas le courage de venir prendre un livre dont j’ai besoin… là, dans la bibliothèque… Vous ne voulez pas que je vous accompagne ?


MADAME HEIMAN, ouvrant son ombrelle.

Non, non, bonsoir.

(Elle s’en va.)

GEORGES, du perron.

Bonne promenade !… Quel temps, hein ?… Ne vous retroussez pas si haut… je suis encore là… Quoi ?… Mais non, je ne suis pas si bête que ça !



Scène VII


GEORGES, ISABELLE, puis La Bonne.


(Resté seul avec Isabelle, Georges redescend et se frotte les mains en chantonnant, puis il s’approche de sa femme et va l’embrasser. À ce moment, fracas. Par la porte-fenêtre du fond, un grand ballon de jardin a bondi sur eux. Ils se séparent effrayés. Puis, Georges ayant compris d’où et de qui est parti le projectile, sourit, hausse les épaules. Il ramasse le ballon, va à la fenêtre.)

GEORGES, riant.

Le ballon de Damoclès.

(Il envoie promener le ballon, d’un grand coup de pied, dans le jardin.)

ISABELLE.

Tu es bien joyeux, Georges ; tu fais des mots… c’est ravissant… seulement si tu pouvais avoir une joie moins bruyante, je t’en serais reconnaissante.


GEORGES.

Je serai triste, si tu y tiens ; mais je n’ai pas de raison d'être triste.