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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/245

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MADAME HEIMAN.

De rien, de rien, je la croyais au jardin. Elle a dû faire le tour par la cuisine pour rentrer ici… Quel petit furet !


GEORGES.

Dites-donc, ne partez pas sans que je vous aie serré la main ; d’ailleurs, je n'en ai que pour une heure, vous serez encore là quand je redescendrai ; hélez-moi en tout cas par la fenêtre.


MADAME HEIMAN.

Paresseux ! Est-ce qu'il avance, votre livre ?


GEORGES.

Ça boulolte, ça boulotte… Je vous le lirai un de ces jours.


ISABELLE.

Allez travailler, mon ami, allez !


GEORGES.

Je me sens beau. La sensation du devoir ! À tout à l'heure.

(Il sort.)


Scène V


MADAME HEIMAN, ISABELLE, puis GEORGES.


MADAME HEIMAN.

Ah ! ma chère amie, je ne suis pas fâchée que l’occasion se présente, — si vous m’en donnez la permission toutefois, — de causer un peu librement. Depuis quinze jours que je me suis installée chez moi, j’ai craint beaucoup d'être indiscrète, et je me suis tenue à l'écart, vous avez dû voir avec quelle réserve !


ISABELLE, d'un air candide.

Vous auriez pu venir plus souvent, autant que vous auriez voulu.