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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/243

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ISABELLE, avec un soupir.

Allons, ce n’est pas encore aujourd’hui que nous tirerons quelque chose de toi et que naîtra un peu d'intimité et de confiance. Tant pis !

(Silence.)

JEANNINE.

Alors, je peux remonter ? (Elle se lève, remonte et va sortir. À la porte, elle se ravise ; très haut.) Tu sais, j’ai réfléchi pour le professeur de gymnastique.


GEORGES, levant le nez de son journal.

Quel professeur de gymnastique ?


ISABELLE, gênée.

Oui, j’ai cherché quelqu’un qui pourrait de temps en temps venir lui faire faire un peu d’exercice, ici.


JEANNINE, de la porte, cinglant les mots.

Comme je fais déjà beaucoup d’hygiène, je crois que ça me fatiguera. Tu remplaceras cela par autre chose, si tu veux bien. (Fausse sortie encore.) Ah ! puis, si tu vas à la ville, veux-tu avoir la complaisance de m’acheter une autre balle ?… La mienne est usée.

(Au moment où elle sort, elle heurte dans la porte Madame Heiman qui rentre.)

MADAME HEIMAN.

Tiens, vous étiez là ?


JEANNINE.

Vous me cherchiez ?


MADAME HEIMAN.

Du tout, mais je vous croyais sortie.


JEANNINE.

J'étais rentrée, vous voyez… (Imperturbable, les mains derrière le dos.) Pardon, madame.


MADAME HEIMAN, qui était restée dans la porte, ne comprenant pas.

Quoi ?