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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/197

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ISABELLE.

Allons, allons… c’est cette stupide musique qui vous rend mélancolique.


PIERRE.

Peut-être. Mais que vous ne vous trompiez pas sur cette mélancolie… Elle est doucement méprisante et orgueilleuse, Isabelle. On ne pleure dans la musique que des bonheurs médiocres — et qu’on ne devrait même pas regretter !



Scène VII


Les Mêmes, GEORGES.


GEORGES, entrant.

Alors, vraiment vrai, tu nous quittes ?


PIERRE.

Comme si tu ne m’avais pas toi-même fait prendre mon coupon.


GEORGES.

Ah ! tu l’as trouvé ? J’avais peur qu’on ne l’ait déposé trop tard chez toi.


PIERRE.

Merci, tu vois…

(Geste d'adieu.)

GEORGES.

Non, pas encore… nous n’avons pas eu le temps de t'apercevoir dans la cohue.


PIERRE.

Ta présence est indispensable au salon.


GEORGES.

Pas du tout… Je venais au contraire une seconde aspirer deux ou trois bouffées de cigare. Il n’y a plus personne, que quelques rebuts de famille… ça leur fera comprendre qu’il est tard. Ah ! (Il respire bruyamment.)