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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/167

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GENEVIÈVE, allant droit à Félix.

J’ai à vous parler. (À ce moment, un garçon s’approche à droite.) Garçon, mettez le couvert pour deux, là, à gauche, sur cette petite table. (À Netche.) Je sais que vous avez horreur de souper. Je ne veux pas déranger vos petites habitudes… Félix vous excusera ; il sait aussi que vous n’aimez pas vous coucher après minuit.


FÉLIX.

Certainement, ma bonne Netche… Dormez bien, ma bonne Netche. Adieu, ma bonne Netche.


NETCHE.

Mais… (Entre les dents.) Diable !


LE GARÇON., à Geneviève.

Qu’est-ce que madame désire ?

(Geneviève commande au garçon, qui met le couvert sur une petite table dans l’encoignure. Pendant ce temps, Netche fait exactement ce qu’elle a fait tout à l'heure pour André : elle prend le carnet dans la poche de sa jupe, tire une carte et écrit rapidement, puis elle se rapproche de Félix.)

NETCHE, lui glissant la carte et à voix basse.

Chut !… Lisez et gardez ça pour vous.


FÉLIX.

Entendu.


NETCHE, haut.

Méditez et endormez-vous là-dessus.


FÉLIX.

Est-ce un verset de l’Évangile ?

(Geneviève revient.)

GENEVIÈVE, serrant la main de Netche.

À demain, Netche, pour le lunch.

Pendant qu'elle dit deux mots à voix basse à Netche en la reconduisant à la porte, Féiix jette les yeux sur la carte que lui a passée Netche.)

FÉLIX, lisant.

« Vous en êtes un autre ! »… Qu’est-ce que c’est que