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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/166

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Félix… Enfin, n’est-ce pas, c’est vrai… cette scène aurait eu lieu quelques semaines plus tard j’aurais pu lui crier au visage : « Vois donc un peu si je n’ai pas dit la vérité !… » Ah ! quel malheur ! quel malheur que cela ne soit pas !


NETCHE.

Voyons, pas d’affolement… Félix va descendre, qu'il ne vous trouve pas dans cet émoi.


GENEVIÈVE.

J’ai peur… j’ai peur, ma petite Netche !


NETCHE.

Avouez-le donc, si vous avez peur, c’est de vous-même, parce que vous savez bien que vous l’aimez toujours au fond… que vous n’avez jamais cessé de l’aimer… et que vous vous sentez d’avance à sa merci.


GENEVIÈVE, lui mettant la main sur la bouche.

Et quand cela serait, malheureuse ! Raison de plus ! Je veux vivre… je ne veux plus souffrir… Mais regardez donc, rien qu’à cette idée, mes mains tremblent… Ah ! fuir vers la paix, du repos !… Non, non je ne veux plus… Ce ne sera pas. Allons, il faut passer à l’acte… Que ce que j’ai évoqué se réalise, maintenant !… Il faut que d’ici demain, l’irréparable soit entre nous !


NETCHE.

Geneviève !



Scène X


GENEVIÈVE, NETCHE, FÉLIX (qui redescend.), Un Garçon.


FÉLIX.

Je vous demande pardon… Je suis inexcusable… mais cette malle n’arrivait pas. J’avais peur qu’elle ne fût perdue… J’ai piétiné dehors en l’attendant ; heureusement il ne me manque rien… J’ai tous les papiers.