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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/164

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rien de solennel, grand Dieu !… rien qu’un pauvre petit détail bien bête et tristement éloquent… qui me rende la paix… et je vous laisse pour la vie… Mais comprenez bien ce que je veux dire, à quel point ma détermination est prise… ou d’ici demain vous me fournirez cette satisfaction morale à laquelle huit ans de mariage me donnent droit, ou je vous jure que je la prendrai moi-même et que demain j’aurai calotté cet homme. Alors il faudra bien qu’il s’explique ! Vous avez le choix. Si vous préférez éviter un scandale et un ennui, toujours un peu niais, voyez ce que vous avez à faire... Je ne partirai que délivré de ce doute, qui me fait souffrir atrocement… C’est compréhensible ?… Ce serait tellement affreux… tellement… (S’interrompant brusquement.) Voilà. Pardon, si je me conduis avec quelque grossièreté, ce n’est pas dans mes habitudes, mais j’étouffais… Pas moyen que tu te dérobes ou que tu partes de cet hôlel avant midi. Au besoin je le garderais… Trouve, ou bien… tu es avertie… À demain…


GENEVIÈVE, faisant un effort pour garder son sang- froid, et d’une voix mal assurée qu'elle essaie de rendre dédaigneuse.

Soit… Demain je vous aurai fourni la preuve que vous réclamez… Vos menaces sont vaines et piteuses… Mais surtout, oh ! surtout, que je ne vous revoie jamais.


ANDRÉ.

Non, non jamais.

(Il sort. — À peine est-il parti, que Geneviève se précipite à la porte du bar et appelle.)


Scène IX


GENEVIÈVE, NETCHE.


GENEVIÈVE.

Netche ! tout s’écroule ! mon beau mensonge qui s’en va !