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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/159

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GYSÈLE.

Il faisait chaud… J’étais un peu fatiguée… Ça a bien marché ?


ANDRÉ.

Pas mal. Public un peu froid, mais le troisième a porté… Oh ! tu sais, à cette saison… Nous sommes au Café de Paris… on t’attend à souper… Viens-tu ?


GYSÈLE.

Non, je suis trop fatiguée, je vais me coucher.


ANDRÉ.

Bien… (Un temps.) Dis donc.


GYSÈLE.

Quoi ?


ANDRÉ.

Tu sais qui est ici dans l’hôtel ?


GYSÈLE.

Oui… j’ai vu… cet après-midi.


ANDRÉ.

Son gros Porthos est avec elle… Aramis ne doit pas être loin… Seulement, ces gens-là ça voyage avec des airs d’armée du salut et ça s’amuse en dessous… Le vice protestant est sentimental… heuh !


GYSÈLE.

Tu as tort de parler ainsi de ta femme, mon ami… Ce n’est pas indispensable.


ANDRÉ, nerveux et ironique.

Toujours drôle au bout de six mois d’entendre la maîtresse défendre la femme de son amant ! Patience ! Dans un peu tu me diras qu’elle a eu bigrement raison de me tromper comme elle l’a fait…


GYSÈLE, l’interropant.

Oui, je connais cette vieille histoire… Mais c’est curieux, si tu veux mon avis… il y a quelque chose qui ne m’y paraît pas clair dans cette histoire-là.


ANDRÉ.

Que veux-tu dire ?