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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/153

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reviendrais gentiment prendre la place vacante et vous vous disiez que l’occasion était bonne de mettre votre fuite à exécution ; il serait toujours en pays de connaissance, le cher homme ! Et, on ne sait pas, des fois, n'est-ce pas ?… C’est simplet comme raisonnement, mais désarmant…


GYSÈLE.

Maintenant, c’est dit… je n’aurai plus rien à me reprocher.

(Elle salue et se retire.)

GENEVIÈVE, l’appelant.

Je ne suis pas curieuse, mademoiselle, mais pour quels motifs le quittez-vous si mystérieusement ?


GYSÈLE.

Oh ! il n’y a pas de mystère… Quant aux raisons, vous comprendrez qu’elles soient difficiles à vous donner…


GENEVIÈVE, ironiquement sincère.

Mais, chère mademoiselle Dartier, ne vous gênez donc pas pour moi !… Sérieusement, entre nous, croyez-vous que l’ex-femme d’André ne doive pas être blasée sur ce genre de rapprochements ? Je n’en suis pas à ça près, vous pensez bien !… J’en ai connu d’autres. Et c'est de la si vieille histoire tout cela ! André m’est devenu si totalement étranger ! je m’informe, mais à pur titre de renseignement… parce qu’en effet c’est… curieux d’apprendre une chose comme celle-là… Mais je vous en prie, ne vous gênez donc pas !… Vous voyez avec quelle simplicité j’agis… Qu’est-ce donc ?… Raisons de…


GYSÈLE.

Oh ! mon Dieu, tout et rien… Si vous désirez savoir, cela peut très bien se dire… Au fond j’étais née pour le théâtre, uniquement… Je n’étais pas habituée aux artistes, aux vrais. Cela ressemble si peu à ce que j’ai vu autour de moi !… Oui, je n’étais pas destinée à un artiste trop compliqué… Je ne comprends pas cette psychologie… ces violences, ces cris. Nous ne parlons