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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/152

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GYSÈLE, embarrassée, cherchant les mots.

Je me fais engager à l’Odéon et je quitte demain Monte-Carlo. Je m’en vais.


GENEVIÈVE.

Avec monsieur Demieulle ?


GYSÈLE.

Sans monsieur Demieulle.


GENEVIÈVE.

Ah ! bah !… Eh bien, mademoiselle, je ne saisis pas l'intérêt que peut avoir pour moi un engagement… évidemment appréciable, et dont je vous félicite… mais ce doit être affaire entre vous et monsieur Demieulle, un départ conclu entre vous depuis longtemps et auquel je ne suis, je suppose, en rien mêlée.


GYSÈLE.

Vous vous trompez, et c’est parce que vous êtes là que j’ai pris une détermination aussi rapide.


GENEVIÈVE.

Je ne comprends plus.


GYSÈLE.

Les raisons pour lesquelles je quitte ma vie actuelle vous importent peu, madame… mais mon devoir était de vous dire en parlant : il n’y a qu’une seule femme qu’il aime. Et c'est vous.

(Un silence.)

GENEVIÈVE, avec un petit sourire.

Je vous remercie mademoiselle, vous êtes bien aimable !… Mais ce que vous me dites là, je n’en ai jamais douté, croyez-le bien. Cela ne m’apprend rien… Alors ?…


GYSÈLE, désarçonnée.

Alors, quand j’ai appris votre présence ici même, ma résolution a été prise. Je me suis dit : « S’il est un instant de partir, c’est celui-ci… On ne sait pas ce qu’on laisse derrière soi ! »


GENEVIÈVE, ironique.

Ah ! très bien, je comprends… vous espériez que je