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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/151

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Scène VI


GENEVIÈVE, GYSÈLE.


GYSÈLE.

Madame… toute la journée j’ai hésité vingt fois à vous aborder… excusez-moi… Je sais que c’est contraire à toute espèce de correction, et vous devriez en effet vous retirer. Mais il n’y a pas d’audace de ma part. J’ai une chose très grave à vous dire. Vous pouvez passer sur les convenances avec la petite Dartier, allez !… Maintenant, madame, je n’insisterai plus… j’aurai fait mon devoir en vous priant de m’écouter.


GENEVIÈVE.

Mademoiselle, ce n’est pas une affaire de correction, mais je doute que vous ayez à me dire quoi que ce soit qui puisse me concerner… et je vous prie de ne pas insister.

(Elle fait un pas vers la porte.)

GYSÈLE.

Si, madame, si, justement quelque chose qui vous concerne !… Mais, je vous le répète, vous êtes dans votre droit en vous retirant et j’aurai fait mon devoir.


GENEVIÈVE, après une hésitation.

Si c’est important, dites rapidement ce que vous avez à me dire, mademoiselle.


GYSÈLE.

Vous le pouvez d’autant mieux que je n’étais rien dans la vie de monsieur Demieulle quand vous vous êtes séparés. Et lorsque nous nous rencontrions chez madame Stimpfer ou aux répétitions, j’ignorais tout de votre vie.


GENEVIÈVE.

Je le sais.